Réseau gaz — dimensionnement et conception
Documentation par l'exemple — cas d'usage chiffrés
- Outil
- Réseau gaz : dimensionnement et conception — Bâti'Tools (compte PRO)
- Ce que l'outil détermine
- Les calibres d'un réseau gaz, la perte de charge cumulée, la pression qui arrive réellement à chaque appareil — et si les cheminements, les organes de coupure, les pénétrations et les assemblages retenus tiennent devant les textes
- Périmètre
- Bâtiments d'habitation individuelle ou collective et leurs dépendances, en aval de l'organe de coupure générale
- Gaz traités
- Gaz naturels H et L, propane et butane commerciaux, air propané et air butané
Cette page rassemble sept exemples chiffrés. Les cinq premiers portent sur le dimensionnement, du cas le plus courant — une installation intérieure de logement — au réseau en moyenne pression ; les deux derniers montrent ce que fait le volet conception, d'abord sur un cheminement qui passe, puis sur le même en défaut.
Toutes les valeurs de résultat présentées ci-après (débits, longueurs de calcul, diamètres, pertes de charge, pressions résiduelles, verdicts et messages) sont directement issues d'une exécution réelle de l'outil sur les données d'entrée indiquées, pour en garantir l'exactitude.
Sommaire
- 0. Ce que fournit l'outil
- 1. Décrire un réseau
- 1 bis. Le secteur non résidentiel
- 2. Cinq réseaux dimensionnés
- 2 bis. Le schéma de principe
- 3. Équivalences de diamètres — PEHD gaz et acier gaz
- 4. Capacité tampon
- 5. Le volet conception
- 6. Organes de coupure, vannes et pénétrations
- 7. Essais avant mise en gaz
- 8. Messages d'erreur et garde-fous
- 9. Ce que l'outil ne fait pas
0. Ce que fournit l'outil
Six sorties, sur un même réseau décrit une seule fois
- Une note de dimensionnement — pour chaque tronçon : le débit, la longueur de calcul, le diamètre minimal nécessaire, le calibre retenu avec son diamètre extérieur, son épaisseur et son diamètre intérieur, et la vitesse du gaz.
- Les équivalences de diamètres — le même tronçon exprimé en diamètre nominal, en PEHD gaz (Ø extérieur et intérieur, cas des réseaux enterrés) et en acier gaz (Ø extérieur). Un report de désignation, qui n'entre dans aucun calcul.
- Une vérification par parcours — pour chaque chemin allant de l'origine à une extrémité : la perte de charge cumulée, la part due au dénivelé, la pression qui arrive réellement à l'appareil, et la marge restante.
- Un rapport de conception — cheminements, assemblages, organes de coupure, règles de mise en place des vannes, points de pénétration, essais à mener.
- Un calcul de capacité tampon pour les alimentations de site de production d'énergie.
- Un schéma de principe du réseau, dessiné automatiquement depuis les tronçons décrits et exportable en SVG — section 2 bis.
La méthode, en deux temps
C'est le point qui distingue l'outil d'une lecture d'abaque, et il vaut d'être compris avant de lire un résultat.
- Sélection. Chaque tronçon est dimensionné avec son propre débit, mais avec la longueur totale du parcours qui va de l'origine à l'appareil le plus éloigné qu'il dessert, et avec la totalité de la perte de charge admissible. C'est une méthode enveloppe : volontairement sévère, elle garantit le résultat sans jamais avoir à cumuler. C'est la colonne « L de calcul » de la note.
- Vérification. Avec les calibres retenus, l'outil calcule ensuite la perte de charge réelle, tronçon par tronçon, le long de chaque parcours. C'est le tableau « Parcours vérifiés ».
La seconde passe donne toujours un résultat plus favorable que la première : un tronçon court en tête de réseau ne consomme pas la perte de charge admissible d'un parcours de quarante mètres. L'écart entre les deux est la marge dont dispose le projet — une information qu'un abaque ne donne pas, et qui indique si l'on peut ajouter un appareil sans tout recalculer.
1. Décrire un réseau
Un tronçon, c'est quoi
Un tronçon par changement de diamètre ou par dérivation. Chacun porte un repère libre et le repère du tronçon auquel il est raccordé. Le tronçon de tête laisse ce champ vide : c'est l'origine du réseau. L'outil reconstruit l'arbre tout seul et remonte les débits des extrémités vers l'origine.
Trois façons de déclarer une charge
- Un appareil au forfait — cuisson, chauffe-eau, chauffe-bains, accumulateur. On saisit un nombre ; l'outil applique le débit forfaitaire du référentiel.
- Une chaudière ou un générateur — on saisit sa puissance nominale, l'outil en déduit le débit calorifique.
- Un débit direct, en kW de débit calorifique ou en m³/h. C'est le mode à employer pour les ouvrages collectifs, et pour un site de production d'énergie dont la fiche technique donne déjà le débit gaz.
Agrégation des débits
Deux modes, et un seul est un choix :
- Foisonnement des appareils après compteur — au-delà de deux appareils, le référentiel ne retient pas la somme. Le mode par défaut pour une installation intérieure.
- Somme des appareils susceptibles de fonctionner simultanément — sans foisonnement. C'est ce que l'outil impose pour un site de production d'énergie et pour tout ouvrage collectif, quel que soit le mode demandé.
Pertes de charge singulières
Deux méthodes, toutes deux admises :
- Majoration forfaitaire de 20 % de la longueur — rapide, et suffisante tant que le réseau n'est pas tourmenté.
- Longueurs équivalentes, accessoire par accessoire — on déclare le nombre de coudes, de tés, de vannes et de robinets de chaque tronçon. L'outil ouvre alors un volet « Accessoires » sur chaque tronçon. La longueur équivalente d'un coude dépendant du calibre, et le calibre dépendant de la longueur, l'outil itère jusqu'à convergence.
Dénivelé
Compté positif en montée. Son effet dépend du gaz : un gaz naturel, plus léger que l'air, gagne de la pression en montant ; un GPL, plus lourd, en perd. La colonne « Dont dénivelé » du tableau des parcours isole cette part — voir l'exemple A4.
1 bis. Le secteur non résidentiel
Tertiaire, ERP, industrie. Le sélecteur « Secteur », en tête de la section « Le réseau », bascule l'outil d'un référentiel à l'autre. Ce qui suit dit exactement ce qui change, et surtout ce qui ne change pas.
Ce qui ne change pas : les formules
Le moteur hydraulique est le même dans les deux secteurs. Les formules de Renouard simplifiées de du référentiel décrivent l'écoulement d'un gaz dans un tube ; cette physique ne change pas parce que le bâtiment cesse d'être un logement. La méthode en deux temps (sélection sur le parcours le plus défavorable, puis vérification de la perte de charge réelle), les longueurs équivalentes des accessoires, le calcul du dénivelé, la limite de validité Q/D < 150 et l'alerte de vitesse à 20 m/s sont identiques.
Ce qui change : quatre choses, et une seule est optionnelle
1. Le débit — coefficient de simultanéité au lieu du foisonnement
En habitation, le référentiel donne une règle de foisonnement après compteur : les deux appareils les plus puissants, plus la moitié des autres. Elle est calée sur un parc domestique et n'a aucun sens devant trois chaudières en cascade ou une cuisine professionnelle. Elle est donc remplacée par un coefficient de simultanéité que vous saisissez.
L'outil ne le devine pas et ne le propose pas : aucun abaque de simultanéité n'est opposable hors habitation, il s'arrête sur l'usage réel du site et vous êtes le seul à le connaître. Le défaut vaut 1,00, c'est-à-dire tous les appareils simultanés — le cas défavorable.
Deux garde-fous, qui comptent autant que le coefficient lui-même :
- il ne s'applique qu'aux tronçons desservant au moins deux appareils. Un tronçon terminal qui n'en dessert qu'un seul passe son débit entier — sans quoi l'outil sous-dimensionnerait précisément l'endroit où il n'y a rien à foisonner ;
- il ne touche jamais un débit saisi directement en m³/h. Cette saisie traduit un besoin déjà arbitré ; la réduire une seconde fois reviendrait à l'amputer sans le dire.
2. Les appareils — débit calorifique, et rien d'autre
La liste d'appareils change entièrement : chaudière, aérotherme, batterie gaz de CTA, tube radiant, fourneau, four, friteuse, marmite, sécheur de laverie, brûleur de process, module de cogénération. Tous se saisissent en débit calorifique nominal (PCS), celui de la fiche technique — pas en puissance utile, et sans aucun coefficient de majoration.
Ce n'est pas un raccourci. En habitation, le référentiel peut donner des débits forfaitaires parce qu'il connaît le parc. Hors habitation, un four de cuisine et un module de cogénération n'ont rien en commun : fabriquer un forfait reviendrait à inventer un chiffre que personne ne pourrait justifier. L'aide de saisie de chaque appareil le rappelle au survol.
3. La perte de charge admissible — le régime, et non l'emplacement du compteur
En habitation, la perte de charge admissible se lit dans une table croisant le type d'immeuble et l'emplacement du compteur. Ces deux notions n'existent pas ici : les champs disparaissent, et elle se choisit sur le régime de pression.
| Régime | Perte de charge admissible | Provenance |
|---|---|---|
| Basse pression (≤ 50 mbar) | 1,00 mbar | Règles de l'art — valeur sur laquelle sont tracées les droites de calibre de l'abaque d'alimentation de chaufferie en basse pression |
| Moyenne pression (> 50 mbar) | 5,00 mbar | Règles de l'art — même abaque, en moyenne pression |
Ces valeurs ne sont pas un choix de l'outil : ce sont celles sur lesquelles le référentiel a tracé ses propres abaques. Le référentiel des installations intérieures, lui, ne donne aucun chiffre — il pose un objectif (« la pression à l'entrée des appareils doit être compatible avec leur fonctionnement en toute sécurité ») et renvoie aux valeurs admises localement. Elles restent un défaut : le mode « Perte de charge imposée » est là pour le cas courant où le distributeur ou le constructeur du brûleur en impose une autre. Le propane et le butane gardent leur règle propre dans les deux secteurs, parce qu'elle tient à la pression nominale du gaz et non à la destination du bâtiment.
4. La pression minimale exigée à l'appareil (optionnel, mais recommandé)
En habitation, la borne basse du verdict est celle du gaz distribué : le parc d'appareils est normalisé. En non résidentiel, un brûleur de process ou un module de cogénération exige souvent davantage, et c'est la fiche technique qui fait foi. Le champ « Pression mini exigée à l'appareil » remplace alors la borne du gaz.
Laissé vide, le verdict retombe sur la plage du gaz et l'outil le signale : il ne devine pas une prescription de constructeur. La note dit toujours laquelle des deux bornes a servi.
Ce que le secteur non résidentiel ne fait pas
Deux contrôles disparaissent, et l'un des deux disparaît en le disant :
- Le volet conception est fermé. Son référentiel est le dépouillement croisé de l'arrêté du 23 février 2018 et des règles de l'art, textes propres aux bâtiments d'habitation. Le transposer en silence à un ERP ou à une usine produirait des verdicts faux dans les deux sens : des non-conformités imaginaires et des manquements passés sous silence. L'onglet est désactivé et porte son motif ; le moteur de calcul refuse le cas même si on le lui soumet.
- Les limites de diamètre par palier de pression sont neutralisées. Les valeurs 108 / 70 / 37 mm proviennent de l'arrêté du 2 août 1977, abrogé le 1er janvier 2020, et visaient les installations de logement. Les appliquer ici serait doublement faux. La note le mentionne : un contrôle retiré en silence est un contrôle que l'utilisateur croit encore actif.
Le plafond de pression, selon la destination
La destination du bâtiment ne change qu'une chose au calcul : le plafond au-delà duquel l'outil signale qu'il sort de son domaine. Il vient du domaine d'application du référentiel des installations intérieures, qui distingue explicitement les installations industrielles.
| Destination | Plafond | Au-delà |
|---|---|---|
| Établissement recevant du public | 5 bar | Le calcul reste rendu, avec un avertissement : il sort du domaine couvert par l'outil. |
| Tertiaire ou local de travail, hors ERP | 5 bar | |
| Installation industrielle | 0,5 bar | Le référentiel renvoie aux règles des installations industrielles. |
Au-delà de 400 mbar, quelle que soit la destination, l'outil rappelle que l'alimentation passe par un poste de détente, dont l'implantation et la capacité tampon se traitent à part — voir la section 4.
A6 — Cuisine et chaufferie d'un restaurant d'entreprise
Un ERP alimenté en basse pression depuis un compteur unique : une cuisine professionnelle et une chaufferie sur deux antennes distinctes. C'est l'exemple que charge le bouton « Charger un exemple » quand le secteur non résidentiel est sélectionné.
Entrées
- Secteur
- Non résidentiel
- Destination
- Établissement recevant du public
- Gaz
- Gaz naturel type H
- Ouvrage
- Alimentation générale
- Tube
- Acier soudé
- Pression à l'origine
- 21 mbar
- Coefficient de simultanéité
- 0,80
- Pression mini exigée
- 17 mbar
- Singularités
- Longueurs équivalentes, accessoire par accessoire
- « GEN »
- 14,00 m — aucun appareil, 4 coudes à 90°, 1 vanne à passage direct
- « CUIS »
- 9,00 m — fourneau 60 kW, four 40 kW, friteuse 25 kW ; 3 coudes à 90°, 1 robinet papillon
- « CHAUF »
- 6,00 m, dénivelé +2,00 m — chaudière 120 kW ; 2 coudes à 90°, 1 robinet papillon
Résultat
Perte de charge admissible : 1,00 mbar, avec la mention « Règles de l'art — les droites de calibre de l'abaque d'alimentation de chaufferie en basse pression sont tracées pour une perte de charge de 1 mbar. » Débit total à l'origine : 196,00 kW, soit 17,345 m³/h — soit 245 kW installés ramenés par le coefficient 0,80.
| Tronçon | Débit | L accessoires | L de calcul | Ø mini | Calibre | Tube | Ø int. | Vitesse |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| GEN | 17,345 m³/h | 2,60 m | 27,75 m | 41,45 mm | 40 | Ø 48,3 × 2,6 | 43,1 mm | 3,23 m/s |
| CUIS | 8,850 m³/h | 2,15 m | 27,75 m | 32,15 mm | 32 | Ø 42,4 × 2,6 | 37,2 mm | 2,22 m/s |
| CHAUF | 10,619 m³/h | 1,72 m | 24,32 m | 33,51 mm | 32 | Ø 42,4 × 2,6 | 37,2 mm | 2,66 m/s |
| Parcours | Chute | Pression à l'appareil | Marge |
|---|---|---|---|
| GEN > CUIS | 0,694 mbar | 20,31 mbar | 0,306 mbar |
| GEN > CHAUF | 0,687 mbar | 20,41 mbar | 0,313 mbar |
Verdict favorable : aucun appareil ne descend sous les 17 mbar exigés, et aucun avertissement n'est levé.
Deux choses à lire dans ce tableau
Le coefficient n'agit pas partout. « CUIS » dessert trois appareils (125 kW) et sort à 8,850 m³/h, soit 100 kW : le coefficient s'applique. « CHAUF » dessert une seule chaudière et sort à 10,619 m³/h, soit ses 120 kW entiers : le coefficient ne s'y applique pas, parce qu'il n'y a rien à foisonner sur un appareil unique. Beaucoup de feuilles de calcul manquent ce point et sous-dimensionnent l'antenne terminale.
Le coefficient déplace un calibre, pas deux. Le même réseau à 1,00 donne :
| Tronçon | Coef. 1,00 | Coef. 0,80 |
|---|---|---|
| GEN | 21,681 m³/h — calibre 50 (Ø 60,3 × 2,9) | 17,345 m³/h — calibre 40 (Ø 48,3 × 2,6) |
| CUIS | 11,062 m³/h — calibre 32 | 8,850 m³/h — calibre 32 |
| CHAUF | 10,619 m³/h — calibre 32 | 10,619 m³/h — calibre 32 |
Un tronçon change de calibre, les deux autres ne bougent pas — et la marge reste confortable dans les deux cas (0,45 mbar à 1,00, 0,31 mbar à 0,80). Sur ce réseau-là, le coefficient est un choix d'économie de tube, pas la clé du dimensionnement.
Le schéma de principe de ce réseau
Le même onglet, en secteur non résidentiel. Le cartouche porte cette fois le coefficient de simultanéité, et la chaufferie affiche son dénivelé à côté de la pression qui lui arrive.
2. Cinq réseaux dimensionnés
Chaque exemple donne les entrées exactes, puis le résultat tel que l'outil l'affiche. Les nombres sont ceux d'une exécution réelle.
A1 — Installation intérieure d'un logement collectif
Le cas le plus courant, et celui que charge le bouton « Charger un exemple » de l'outil. Un logement en immeuble collectif, compteur en gaine, tuyauterie cuivre. Un tronçon de tête, une dérivation vers la cuisson, une branche vers la chaudière puis le chauffe-eau.
Entrées
- Gaz
- Gaz naturel type H
- Ouvrage
- Installation intérieure de logement
- Tube
- Cuivre
- Pression à l'origine
- 21 mbar
- Immeuble / compteur
- Collectif — compteur en gaine
- Agrégation
- Foisonnement des appareils après compteur
- Singularités
- Majoration forfaitaire de 20 %
| Tronçon | Raccordé à | Longueur | Appareil déclaré |
|---|---|---|---|
| AB | origine | 4,00 m | — |
| BC | AB | 3,00 m | 1 appareil de cuisson |
| BD | AB | 6,00 m | 1 chaudière de 24 kW |
| DE | BD | 2,50 m | 1 chauffe-eau 8,72 kW |
Ce que l'outil affiche en hypothèses
- Régime BP. Perte de charge admissible retenue : 0,50 mbar, avec la mention « Installation après compteur — Immeuble collectif, compteur en gaine. »
- Débit total à l'origine : 47,7 kW, soit 4,22 m³/h.
- Fonctionnement en sécurité des appareils garanti entre 17 et 25 mbar à leur entrée.
Note de dimensionnement
| Tronçon | Débit | L réelle | L de calcul | Ø mini | Calibre | Tube | Ø int. | Vitesse |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| AB | 47,70 kW — 4,221 m³/h | 4,00 m | 15,00 m | 24,71 mm | 25 | Ø 28 × 1,0 | 26,0 mm | 2,16 m/s |
| BC | 9,00 kW — 0,796 m³/h | 3,00 m | 8,40 m | 11,67 mm | 12 | Ø 14 × 1,0 | 12,0 mm | 1,92 m/s |
| BD | 43,20 kW — 3,823 m³/h | 6,00 m | 15,00 m | 23,80 mm | 25 | Ø 28 × 1,0 | 26,0 mm | 1,96 m/s |
| DE | 12,00 kW — 1,062 m³/h | 2,50 m | 15,00 m | 14,67 mm | 15 | Ø 18 × 1,0 | 16,0 mm | 1,44 m/s |
Deux choses à lire dans ce tableau. D'abord la colonne « L de calcul » : elle vaut 15,00 m pour AB, BD et DE, qui appartiennent tous au parcours le plus long (AB → BD → DE, soit 4 + 6 + 2,5 = 12,50 m réels, majorés de 20 %), et seulement 8,40 m pour BC, dont le seul parcours fait 7,00 m réels. Chaque tronçon est bien dimensionné sur son parcours le plus défavorable, et non sur la longueur du réseau entier.
Ensuite le débit de AB : 47,70 kW et non 9 + 31,2 + 12 = 52,2 kW. Trois appareils étant desservis, le foisonnement s'applique.
Parcours vérifiés
| Parcours | L totale | Chute | Pression à l'appareil | Marge |
|---|---|---|---|---|
| AB → BC | 7,00 m | 0,312 mbar | 20,69 mbar | 0,188 mbar |
| AB → BD → DE | 12,50 m | 0,348 mbar | 20,65 mbar | 0,152 mbar |
On mesure ici l'écart entre les deux passes : la sélection a raisonné comme si chaque tronçon consommait à lui seul les 0,50 mbar disponibles, alors que le parcours complet n'en consomme réellement que 0,348.
Le schéma de principe de ce réseau
Voici ce que l'onglet « Schéma » dessine pour cet exemple, sans aucune saisie supplémentaire. La dérivation en B se lit d'un coup d'œil, ce qu'une colonne « Raccordé à » ne donne jamais ; les deux extrémités portent la pression qui leur arrive. Tous les chiffres du dessin sont ceux des deux tableaux ci-dessus.
A2 — Alimentation d'une chaufferie, accessoires détaillés
Une mini-chaufferie en sous-sol d'immeuble collectif, une chaudière unique, alimentée en basse pression depuis un poste de livraison. C'est l'exemple à retenir pour comprendre le mode « accessoire par accessoire ».
Entrées
- Gaz
- Gaz naturel type H
- Ouvrage
- Alimentation d'un site de production d'énergie
- Tube
- Acier série moyenne
- Pression à l'origine
- 21 mbar
- Agrégation
- Somme des appareils simultanés
- Singularités
- Longueurs équivalentes, accessoire par accessoire
- Tronçon unique « CH »
- 10,00 m — charge : Autre appareil, débit calorifique 70 kW
- Accessoires déclarés
- 6 coudes à 90°, 2 coudes à 45°, 1 vanne à passage direct, 1 robinet papillon
Résultat
L'outil affiche une perte de charge admissible de 1,00 mbar, avec la mention « Alimentation d'un site de production d'énergie : perte de charge admissible du référentiel entre le poste de livraison et le générateur. » Le débit retenu est de 70,00 kW, soit 6,195 m³/h.
Le volet « Accessoires » détaille la longueur équivalente obtenue au calibre retenu :
| Accessoire | Nombre | Unitaire | Total |
|---|---|---|---|
| Coude à 90° | 6 | 0,34 m | 2,04 m |
| Coude à 45° | 2 | 0,27 m | 0,54 m |
| Vanne à passage direct | 1 | 0,27 m | 0,27 m |
| Robinet papillon | 1 | 0,68 m | 0,68 m |
| Longueur équivalente | 3,53 m |
La longueur de calcul est donc de 13,53 m (10,00 réels + 3,53 d'accessoires). Le diamètre minimal ressort à 24,21 mm, et l'outil retient le calibre 25, soit un tube Ø 33,7 × 3,2 mm, de diamètre intérieur 27,3 mm. La vitesse du gaz est de 2,88 m/s.
La perte de charge réelle s'établit à 0,560 mbar, laissant 20,44 mbar au brûleur et une marge de 0,440 mbar.
A3 — Conduite d'immeuble en moyenne pression
Une conduite d'immeuble alimentée en moyenne pression, prolongée par une conduite montante de six niveaux. Le débit vient d'un abaque de foisonnement du distributeur : il est saisi directement.
Entrées
- Gaz
- Gaz naturel type H
- Ouvrage
- Conduite d'immeuble
- Tube
- Acier série moyenne
- Pression à l'origine
- 300 mbar
- Tronçon « CI »
- 38,00 m, horizontal, aucune charge propre
- Tronçon « CM »
- 22,00 m, dénivelé +18 m, charge : débit saisi 42 m³/h
Résultat
L'outil bascule de lui-même en régime MP et retient une perte de charge admissible de 5,00 mbar. Le débit remonte de CM vers CI : les deux tronçons transportent 42 m³/h.
| Tronçon | L réelle | L de calcul | Ø mini | Calibre | Tube | Ø int. | Vitesse |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| CI | 38,00 m | 72,00 m | 48,32 mm | 50 | Ø 60,3 × 3,6 | 53,1 mm | 4,05 m/s |
| CM | 22,00 m | 72,00 m | 48,32 mm | 50 | Ø 60,3 × 3,6 | 53,1 mm | 4,05 m/s |
Parcours CI → CM, 60,00 m réels : chute de 3,172 mbar dont +0,841 mbar apportés par le dénivelé, pression au pied du dernier niveau 297,67 mbar, marge 1,828 mbar. Le réseau tient.
A4 — Propane en habitation individuelle, avec dénivelé
Une maison alimentée depuis une citerne de propane en limite de propriété. Le même dénivelé qu'à l'exemple précédent, mais en sens inverse : le propane est plus lourd que l'air.
Entrées
- Gaz
- Propane commercial
- Ouvrage
- Installation intérieure de logement
- Tube
- Cuivre
- Pression à l'origine
- 37 mbar
- Immeuble / compteur
- Habitation individuelle — compteur en limite de propriété
- Tronçon « P1 »
- 18,00 m, horizontal, aucune charge
- Tronçon « P2 »
- 9,00 m, dénivelé +6 m — 1 chaudière de 25 kW et 1 appareil de cuisson
Résultat
Perte de charge admissible : 1,85 mbar, avec la mention « Hydrocarbure liquéfié en basse pression : la perte de charge admissible est rapportée à la pression nominale d'alimentation. » — une valeur qui n'est donc pas celle d'un gaz naturel. Plage de fonctionnement rappelée : 25 à 45 mbar.
Débit total 41,50 kW, soit 1,609 m³/h. Deux appareils seulement : le foisonnement ne retire rien, les débits s'additionnent.
Les deux tronçons ressortent en calibre 20 (Ø 22 × 1,0 mm, intérieur 20,0 mm), pour un diamètre minimal calculé de 17,76 mm et une longueur de calcul de 32,40 m sur les deux.
Parcours P1 → P2 : chute totale 1,043 mbar, dont −0,406 mbar imputables au dénivelé. Pression à l'appareil 35,55 mbar, marge 0,807 mbar.
A5 — Un avertissement qui n'est pas une non-conformité
Un branchement en moyenne pression B, de forte section. L'exemple montre comment l'outil traite une règle dont le fondement réglementaire a disparu.
Entrées
- Gaz
- Gaz naturel type H
- Ouvrage
- Conduite d'immeuble
- Tube
- Acier série moyenne
- Pression à l'origine
- 1 000 mbar
- Tronçon « BR »
- 45,00 m — débit saisi 60 m³/h
Résultat
Diamètre minimal 47,63 mm, calibre 50 (Ø 60,3 × 3,6 ; intérieur 53,1 mm), vitesse 3,76 m/s. Chute 2,958 mbar, pression résiduelle 997,04 mbar, marge 2,042 mbar. Le verdict de dimensionnement est favorable.
Mais l'outil ajoute, dans le bandeau « Points à vérifier » :
Cette limite provient d'un article de l'arrêté du 2 août 1977, texte intégralement abrogé le 1er janvier 2020 et remplacé par l'arrêté du 23 février 2018 — lequel ne fixe plus aucune limite de diamètre par palier de pression. La règle subsiste dans les règles de l'art, qui renvoient encore au texte disparu.
L'outil la vérifie donc à titre de garde-fou, et non comme une obligation : elle sort en avertissement, jamais en non-conformité. C'est la même logique qui préside à tout le volet conception, où chaque règle est étiquetée Réglementaire ou Règle de l'art.
En pratique, ce diamètre reste à confronter au cahier des charges du distributeur, qui n'admet pas tous les calibres sur les ouvrages placés sous sa responsabilité.
2 bis. Le schéma de principe
L'onglet « Schéma » dessine le réseau que vous venez de décrire. C'est un schéma de principe : la topologie est exacte, les longueurs ne le sont pas et ne prétendent pas l'être.
À quoi il sert, et quand
À voir ce qu'un tableau de trente lignes ne laisse pas voir : qui alimente qui. Une colonne « Amont » se lit tronçon par tronçon ; un arbre se lit d'un coup d'œil.
Il se dessine dès la saisie, avant tout calcul — et c'est là qu'il est le plus utile, parce que c'est le moment où l'on se trompe de raccordement. Tant qu'aucun calcul n'a été lancé, chaque boîte porte la longueur, le dénivelé et le nombre d'appareils, avec la mention « calcul non lancé ». Après le calcul, elle porte le calibre, le tube, le débit, la vitesse, et la pression à l'appareil pour les tronçons d'extrémité.
La géométrie : on descend, on ne comprime pas
La profondeur du réseau se lit de gauche à droite : chaque niveau de dérivation décale la boîte d'un cran. Chaque tronçon occupe sa propre ligne, et les appareils qu'il alimente se rangent en pile à sa droite.
Le dessin grandit donc en hauteur, linéairement, et le cadre défile. C'est un choix, pas une limite : un réseau de soixante tronçons produit une image d'environ 5 000 pixels de haut pour 600 de large, qui se lit très bien en défilant — alors qu'aucune mise à l'échelle ne l'aurait rendue lisible sur un écran. Deux tronçons ne peuvent pas se chevaucher, quel que soit le réseau.
Un réseau plus grand, et avant tout calcul
Une colonne montante tertiaire desservant quatre niveaux, chacun avec une CTA et un office : quatorze tronçons, aucun calcul lancé. Le cadre ci-dessous est volontairement plus court que le dessin — c'est exactement le comportement de l'outil. Faites-le défiler.
Chaque boîte porte ce qui a été saisi : la longueur, le dénivelé et le nombre d'appareils, avec la mention « calcul non lancé ». Les calibres, les débits et les pressions n'apparaîtront qu'après le calcul, réservé aux comptes PRO.
Échelle et export
Le sélecteur d'échelle est une pure homothétie : il agrandit ou réduit le dessin, il n'en retire jamais un texte. À 60 % comme à 150 %, le schéma porte exactement les mêmes libellés.
Le bouton « Télécharger le SVG » rend ce que vous avez sous les yeux, échelle et case « Appareils » comprises. Le fichier est autonome : il porte ses couleurs, sa légende et son cartouche d'hypothèses (gaz, pression, régime, perte de charge admissible, coefficient de simultanéité en non résidentiel), et s'ouvre dans n'importe quel navigateur ou logiciel de dessin sans la feuille de style du site.
Ce que les couleurs disent
- Contour rouge — tronçon ordinaire.
- Contour orange — le moteur a levé un avertissement sur ce tronçon : vitesse, rapport Q/D hors domaine, limite de diamètre, calibre non admis en collectif. Le détail est dans l'onglet « Dimensionnement ».
- Contour rouge vif — la pression qui arrive à cette extrémité est sous la borne retenue. C'est le seul cas qui rend le réseau faux.
- Les appareils sont en pastilles grises ; le nom est tronqué si nécessaire, jamais la valeur. Le nom entier reste disponible en infobulle.
Un réseau mal câblé n'efface pas le schéma
C'est le cas d'usage principal : on ouvre le schéma parce que quelque chose cloche. Il ne refuse donc jamais de dessiner. Un repère employé deux fois, un « raccordé à » qui désigne un tronçon inexistant, plusieurs origines, un réseau qui boucle sur lui-même : chacun de ces cas est dessiné pour ce qu'il est et nommé sous le dessin. Les tronçons qu'aucun parcours n'atteint depuis l'origine sont regroupés en bas, à part.
Ce sont exactement les situations que le calcul refuse — le schéma sert à les voir avant de lire un message d'erreur.
3. Équivalences de diamètres — PEHD gaz et acier gaz
Une étude gaz se dimensionne dans un matériau et se commande souvent dans un autre : cuivre après compteur, PEHD pour la partie enterrée, acier en traversée ou en gaine. L'outil calcule dans le matériau choisi en tête d'étude, puis reporte la désignation équivalente en PEHD gaz et en acier gaz. Ce report n'entre dans aucune formule de perte de charge.
Le diamètre nominal n'est pas une mesure
Le DN est un rang de désignation, hérité du pouce. Il ne se lit sur aucune cote du tube. Un DN 25 vaut Ø 33,7 mm en acier et Ø 32 mm en PEHD gaz, pour des diamètres intérieurs de 27,3 et 26,0 mm. Trois conséquences pratiques :
- Le Ø intérieur décide de la perte de charge. C'est lui que le moteur utilise, et lui seul.
- Le Ø extérieur décide de la commande, du raccord et de la préparation de soudure. C'est lui qu'on écrit sur un plan.
- Deux tubes de même DN dans deux matériaux ne passent pas le même débit. Substituer l'un à l'autre sans rien vérifier est une erreur.
Deux lectures, et il faut savoir laquelle on regarde
C'est pourquoi le bloc « Équivalences », sous le tableau de dimensionnement, en donne deux et non une :
- À diamètre nominal constant
- Traduction de désignation. Le calibre 25 retenu se commande Ø 32 en PEHD gaz et Ø 33,7 en acier gaz. C'est la réponse à « comment ça s'appelle ailleurs », pas à « est-ce que ça passe ».
- À débit constant
- Le plus petit tube de chaque famille dont le Ø intérieur couvre le Ø mini calculé. C'est la réponse hydrauliquement valable, et elle peut tomber sur un DN différent d'une famille à l'autre. C'est celle-ci qu'il faut lire quand on change réellement de matériau, typiquement au passage en enterré.
Les trois dernières colonnes du tableau de dimensionnement (DN, PEHD, acier) reprennent la première lecture. L'export CSV porte les deux, dans deux blocs séparés — les mélanger laisserait croire qu'un même tronçon peut avoir deux calibres dans le même matériau.
PEHD gaz : pourquoi ce n'est pas du PEHD eau
La norme produit impose une épaisseur minimale de 3,0 mm en combustible gazeux, quelle que soit la série. En dessous du Ø 40, cette règle prend le pas sur le SDR : le Ø 20 « SDR 11 » est en réalité un SDR 6,7, le Ø 25 un SDR 8,3, le Ø 32 un SDR 10,7. Les épaisseurs tabulées sont donc les épaisseurs réelles du catalogue gaz, jamais dext/11, et le SDR effectif est affiché en clair dans l'onglet « Diamètres ».
La série retenue est le SDR 11, MOP 10 bar : c'est celle des branchements et des conduites enterrées. Au-delà du Ø 200, la gamme gaz française passe en SDR 17,6 (MOP 5 bar), qui relève d'une étude de distribution et sort du domaine de l'outil.
Certaines dimensions — Ø 25, 50, 75, 140, 180 — sont normalisées mais peu distribuées : la gamme complète de raccords électrosoudables n'existe pas. L'outil les signale d'un « ⚠ » plutôt que de les taire, parce que c'est en conception qu'on veut l'apprendre, pas sur le chantier.
Acier gaz : deux cotes au DN 150
Le tube filetable dit « tube gaz » s'arrête au Ø 165,1 mm, tandis que la série 1 des tubes de canalisation — celle des tubes de canalisation — retient Ø 168,3 mm. Les deux existent, ne se raccordent pas entre eux, et se commandent sous le même DN 150. L'outil affiche les deux plutôt que d'en choisir une en silence.
À partir du DN 200, l'épaisseur ne se lit dans aucune table de tube filetable : elle résulte du calcul mécanique (pression maximale de service, contrainte admissible, coefficient de joint soudé) et de la spécification du distributeur. Seul le Ø extérieur normalisé est reporté, et la case épaisseur reste vide — l'outil préfère un blanc explicite à une valeur inventée.
L'onglet « Diamètres »
Il donne la table de correspondance complète, consultable sans lancer de calcul : DN, PEHD gaz (Ø extérieur, épaisseur, Ø intérieur, SDR réel), acier gaz (Ø extérieur, épaisseurs des séries moyenne et lourde, Ø intérieur). Y figurent aussi les dimensions PEHD normalisées que le commerce français ne raccroche à aucun DN — Ø 140 et Ø 180 — listées à part plutôt que rangées sous un rang inventé.
Exemple
Réseau dimensionné en cuivre, tronçon d'amenée : le moteur retient le calibre 25 (cuivre Ø 28 × 1, intérieur 26,0 mm) pour un Ø mini calculé de 22,1 mm. Le bloc « Équivalences » affiche :
- À DN constant : DN 25 → PEHD gaz Ø 32 × 3 (int. 26,0 mm), acier gaz Ø 33,7 × 3,2 (int. 27,3 mm).
- À débit constant : pour couvrir 22,1 mm, PEHD gaz Ø 32 × 3 (int. 26,0 mm) et acier gaz Ø 33,7 × 3,2 (int. 27,3 mm) — ici les deux lectures concordent.
Sur un tronçon terminal en calibre 12 (cuivre Ø 14, intérieur 12,0 mm), elles divergent : le DN 10 n'existe pas en PEHD gaz, dont la gamme commence au Ø 20. La lecture à DN constant rend un tiret ; la lecture à débit constant rend Ø 20 × 3 (int. 14,0 mm), le plus petit tube gaz disponible. Le tiret dit « il n'y en a pas », il ne dit pas « on n'a pas regardé ».
4. Capacité tampon
Onglet dédié. Il répond à une question : entre le poste de livraison et le site de production d'énergie, la tuyauterie contient-elle assez de gaz pour absorber l'à-coup de débit au démarrage d'un brûleur ? Si non, de combien manque-t-elle, et quel diamètre donner à la nourrice qui complètera.
Exemple C1 — mini-chaufferie en basse pression
- Débit nominal du poste
- 10 m³/h
- Pression aval maximale
- 21 mbar
- Liaison
- 10 m en acier, calibre 25
- Longueur disponible pour une nourrice
- 3 m
Résultat affiché :
- Palier retenu : pression aval ≤ 50 mbar.
- Volume capacitif requis : 20,00 litres.
- Capacité de la tuyauterie : 0,660 l/m sur 10,00 m, soit 6,60 litres.
- Il manque 13,40 litres.
- Nourrice de 3,00 m : diamètre théorique 75 mm.
Exemple C2 — le même poste en moyenne pression
- Débit nominal du poste
- 65 m³/h
- Pression aval maximale
- 300 mbar
- Liaison
- 24 m en acier, calibre 50
- Longueur disponible pour une nourrice
- 2 m
Palier « pression aval de 50 à 400 mbar » : le volume requis tombe à 65,00 litres. La tuyauterie en apporte 55,20 litres (2,300 l/m × 24 m), il manque 9,80 litres, soit une nourrice de 2 m et 79 mm de diamètre théorique.
L'outil rappelle enfin les trois moyens admis d'obtenir ce volume : le seul volume de la tuyauterie de liaison, une capacité individualisée disposée en ligne et non en dérivation, ou un dispositif d'absorption de surpression.
Le diamètre de nourrice n'est pas une référence de catalogue
Les 75 mm de l'exemple C1 et les 79 mm de l'exemple C2 sont des diamètres intérieurs théoriques : un volume divisé par une longueur, rien d'autre. Personne ne commande « Ø 79 mm ». Un bloc « Équivalences » est donc affiché sous le résultat, qui rapproche cette cote du premier tube du commerce dont l'intérieur la couvre, en PEHD gaz et en acier gaz — et rappelle au passage l'équivalence du calibre saisi pour la liaison.
La règle de lecture est celle de la section 3 : le calibre saisi est traduit à DN constant, le diamètre de nourrice est cherché à volume constant, sur le Ø intérieur.
5. Le volet conception
Ce qu'il faut renseigner
Le volet « Conception » de chaque tronçon demande quatre choses : le matériau, le type d'ouvrage, le mode d'assemblage, puis les environnements traversés et les protections prévues, cochés dans deux listes. La section 3 de la page porte le contexte commun : bâtiment individuel ou collectif, neuf ou existant, distance de l'organe de coupure générale à la façade, puissance du site de production d'énergie, hauteur du plancher bas du logement le plus haut, nombre de logements par cage d'escalier.
Deux poids, et ils sont assumés
Chaque règle porte une étiquette :
- Réglementaire — le texte est opposable. Un manquement est une non-conformité.
- Règle de l'art — valeur contractuelle de marché. Un manquement est un écart, signalé comme tel.
La synthèse compte les deux séparément. C'est ce qui permet de distinguer ce qui est illégal de ce qui engage au titre du marché — et d'éviter que les vraies non-conformités se noient dans une liste d'écarts.
B1 — Un cheminement qui passe
La conduite d'immeuble de l'exemple A3, qui traverse le parc de stationnement couvert annexe du bâtiment. Acier soudé, sans accessoire, à plus de deux mètres de hauteur, repérée.
Entrées de conception
- Bâtiment
- Immeuble collectif, neuf
- Pression
- 300 mbar
- Distance OCG → façade
- 8 m
- Tronçon « CI »
- Acier série moyenne — Conduite d'immeuble — Soudage
- Environnement traversé
- Parc de stationnement couvert
- Protections cochées
- Aucun raccord mécanique ni accessoire sur la traversée ; conduite à 2 m de hauteur au moins ; tuyauterie repérée
Verdict
Sur la règle « Traversée d'un sous-sol ou d'un parc de stationnement couvert par une conduite à usage collectif » (étiquetée Réglementaire), l'outil affiche les trois voies admises et dit laquelle est réunie :
| Voie | État |
|---|---|
| Conduites placées sous gaine coupe-feu de degré 2 heures, ventilée au moins à l'une de ses extrémités | non réunie — à prévoir : la gaine |
| Conduites réalisées en tubes d'acier assemblés par soudage, sans aucun accessoire ni raccord mécanique, à 2 m de hauteur au moins et repérées | ✓ satisfaite |
| Conduite en cuivre placée sous protection mécanique | voie non ouverte en « Parc de stationnement couvert » |
La troisième voie mérite un mot : elle a été ouverte par l'arrêté de 2018, qui admet désormais le cuivre sous protection mécanique en sous-sol — mais pas en parc de stationnement couvert ni en local de stockage des déchets ménagers en sous-sol. L'outil grise donc la voie et dit pourquoi, plutôt que de la masquer.
L'outil énumère par ailleurs les organes de coupure à prévoir pour ce projet : OCG, OCG avant le parc + OCC à l'intérieur du bâtiment, OCI et OCA — et rappelle les points de vigilance de la traversée : jeu de 6 mm par mètre linéaire aux extrémités des longueurs droites, cheminement hors des zones de remisage, emprunt du premier niveau du parc, distance portée à 30 mm au croisement des canalisations électriques.
B2 — Le même en défaut
Même traversée, mais la conduite est en cuivre assemblé à la brasure tendre, sans protection déclarée. Et l'organe de coupure générale a été implanté à 26 mètres de la façade.
Verdict
Ce que l'outil détaille
- Traversée du parc de stationnement — aucune des trois voies n'est réunie. Pour la voie « acier soudé », l'outil liste précisément ce qui manque : nature de tube attendue (acier), assemblage attendu (soudage), absence de raccord mécanique et d'accessoire, hauteur de 2 m, repérage. Pour la voie « gaine coupe-feu 2 heures », il ne manque que la gaine.
- Conduite d'immeuble réalisée autrement qu'en acier ou cuivre sans raccord mécanique — deux voies possibles, aucune réunie : il faut soit une gaine aérée, soit un dispositif de protection mécanique assurant l'aération.
- Brasure tendre — « La brasure tendre est interdite pour la réalisation des installations de gaz à usage collectif. »
À quoi s'ajoute, dans la liste des organes de coupure, une entrée qui n'apparaissait pas en B1 : Organe de coupure supplémentaire, déclenchée par la distance de 26 mètres — « La plus courte distance de la façade du bâtiment desservi à l'OCG dépasse 20 mètres : un organe de coupure supplémentaire est exigé. Il peut être situé en façade extérieure ou à l'intérieur, et dans les deux cas au point accessible le plus proche de la pénétration de la canalisation dans le bâtiment. »
6. Organes de coupure, vannes et pénétrations
Organes de coupure
L'outil produit la liste de ceux qu'exige le projet décrit, avec leurs exigences d'implantation. La nomenclature est celle de l'arrêté de 2018, qui a remplacé les appellations historiques et qui est celle que porteront les certificats de conformité :
- OCG — organe de coupure générale ;
- OCC — organe de coupure complémentaire (ensembles uniques, parcs de stationnement) ;
- OCI — organe de coupure individuelle ;
- OCA — organe de coupure d'appareil ;
- OCS — organe de coupure de site de production d'énergie.
S'y ajoutent, selon le cas : l'organe de coupure supplémentaire au-delà de 20 mètres, l'OCG à fermeture rapide et le dispositif de coupure sur sur-débit au-delà de 400 mbar en collectif, le robinet déclencheur de tige-cuisine, le robinet supplémentaire de tige après compteur, le robinet d'essai bouchonné en local de production d'énergie, l'organe de coupure spécifique des installations de plus de 2 000 kW, et les règles d'implantation du détendeur.
Mise en place des vannes
Quatre blocs, toujours affichés : accessibilité et repérage, où l'on ne pose PAS de vanne, assemblages proscrits, qualification des intervenants. Le second est celui qu'on relit le plus : il rassemble les endroits où aucun organe de coupure, aucun raccord mécanique et aucun accessoire ne sont admis — traversée d'un local à risque, volume d'un parc de stationnement, vide sanitaire, galerie technique, faux-plafond sous fourreau, tuyauterie incorporée — ainsi que les dérivations interdites en aval de l'organe de coupure spécifique d'un site de production d'énergie.
Pénétration dans un volume intérieur
Six blocs, dont le premier est étiqueté Réglementaire et prime sur tous les autres :
Les cinq autres couvrent l'émergence du sol à l'extérieur (fourreau pénétrant d'au moins 0,20 m dans le sol, protection sur 2 m si l'émergence dépasse 2 m), l'émergence à l'intérieur, la traversée de plancher (fourreaux non fendus, dépassant d'au moins 0,05 m, espace annulaire supérieur rempli d'un matériau inerte), la traversée de parois et de cloisons, et la liaison équipotentielle.
Un septième bloc n'apparaît que si un tronçon est déclaré en polyéthylène : commutation en canalisation métallique environ un mètre avant la pénétration, remontée de 2 m au maximum, fourreau obligatoire si encastrée, protection contre les chocs et la lumière si extérieure, raccord plastique-métal dans un coffret, et les bornes de température à ne pas franchir.
Le filtrage est volontaire : afficher les prescriptions du polyéthylène sur un chantier tout cuivre noierait la règle qui compte sous des points sans objet.
7. Essais avant mise en gaz
L'outil sélectionne les essais applicables d'après la nature des installations décrites (collective, intérieure, site de production d'énergie), la pression et le gaz. Pour chacun il donne la pression d'essai, le type et la résolution du manomètre, sa plage, le temps de stabilisation et la durée minimale.
Exemple, pour l'installation collective à 300 mbar de l'exemple B1 :
| Essai | Pression | Manomètre | Résolution | Plage | Stabilisation | Durée mini |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Étanchéité | pression de service (± 10 %) | métallique | 10 mbar | 0 – 600 mbar | 15 minutes | 10 minutes |
Un projet qui comporte à la fois des ouvrages collectifs et des installations intérieures fait apparaître plusieurs cas — c'est voulu : les textes exigent des essais distincts.
Sont rappelés en outre les principes communs (l'essai de résistance mécanique précède toujours l'essai d'étanchéité, les gaz admis, l'interdiction de l'oxygène en bouteille et de tout gaz combustible, la manœuvre des organes de coupure intermédiaires pendant l'essai) et le régime des certificats de conformité, avec le choix du modèle :
- Modèle 1 — travaux entre l'OCG et le ou les OCI, ou le ou les OCS ;
- Modèle 2 — travaux en aval de l'OCI ;
- Modèle 3 — travaux entre l'OCS et l'OCA.
8. Messages d'erreur et garde-fous
Tous les messages ci-dessous sont ceux que l'outil affiche réellement.
Structure du réseau
- « Aucun tronçon n'est raccordé à l'origine du réseau. Laissez le champ « raccordé à » vide sur le tronçon de tête. »
- « Plusieurs tronçons sont raccordés à l'origine du réseau. L'outil ne dimensionne qu'un réseau à la fois. »
- « Le réseau boucle sur lui-même à partir du tronçon « X ». L'outil ne dimensionne que des réseaux ramifiés. »
- « Le tronçon « X » est raccordé à « Y », qui n'existe pas. »
- « Le repère « X » est employé deux fois. Les repères doivent être uniques. »
Saisie
- « Tronçon « A » : la longueur doit être comprise entre 0.1 et 500 m. » — le repère figure dans le message ; sur un réseau de trente tronçons, une erreur sans repère ne sert à rien.
- « Ce gaz n'est pas reconnu. », « Ce matériau n'est pas reconnu. », « Décrivez au moins un tronçon. »
- « Aucun calibre disponible dans cette série ne permet de tenir la perte de charge sur le tronçon « X ». Augmentez la pression disponible, raccourcissez le parcours, ou changez de matériau. »
Le garde-fou du foisonnement collectif
L'outil refuse plutôt que d'appliquer aux branchements, conduites d'immeuble, conduites montantes et tiges-cuisine la règle de foisonnement des installations après compteur, qui n'a pas cours pour ces ouvrages. C'est un refus délibéré : appliquer silencieusement la mauvaise règle produirait un branchement sous-dimensionné sans que personne ne s'en aperçoive.
Avertissements de calcul
- Domaine de validité — au-delà d'un certain rapport débit/diamètre, la corrélation employée n'est plus garantie. L'outil calcule quand même et le dit : un réseau à peine hors domaine mérite un message, pas un refus.
- Vitesse — au-delà de 20 m/s, le référentiel signale un risque de bruit et d'usure.
- Diamètre — voir l'exemple A5.
- Calibre non admis en collectif — les calibres les plus fins ne sont pas utilisables pour les canalisations collectives.
- Gamme de raccords incomplète — certains diamètres de polyéthylène sont admis, mais toute la gamme de raccords n'existe pas. À apprendre en conception, pas sur le chantier.
9. Ce que l'outil ne fait pas
L'onglet « Référentiel » de l'outil affiche cette liste, ainsi que le millésime du référentiel et les textes dépouillés avec leur date de version. La reproduire ici évite d'avoir à ouvrir l'outil pour savoir s'il couvre un cas.
- Périmètre. Bâtiments d'habitation individuelle ou collective et leurs dépendances, en aval de l'organe de coupure générale. Les ERP, les installations industrielles et les réseaux de distribution en amont de l'organe de coupure générale relèvent d'autres textes.
- Les limites de diamètre par palier de pression n'ont plus de fondement réglementaire depuis l'abrogation de l'arrêté du 2 août 1977 au 1er janvier 2020. Elles sont vérifiées en avertissement — voir A5.
- Les guides approuvés ne sont pas intégrés. Depuis 2020, la présomption de conformité passe par eux et non plus par le renvoi aux règles de l'art. Celles-ci gardent leur valeur contractuelle, pas celle d'une présomption.
- Le foisonnement des installations collectives n'est pas modélisé. Il se lit sur des abaques par niveau de confort et doit être arrêté en accord avec le distributeur.
- La pression maximale de desserte est fixée par le distributeur. L'outil vérifie le plafond réglementaire, il ne connaît pas la valeur retenue sur une affaire donnée.
- Les diamètres admis par le distributeur ne sont pas tous ceux des règles de l'art. Le résultat est à confronter à son cahier des charges.
- L'outil dimensionne et vérifie. Il ne dispense ni de la note de calcul signée, ni du certificat de conformité, ni des essais avant mise en gaz.
Enregistrer, rouvrir, exporter
- Enregistrer le projet (JSON) — l'ensemble de la saisie, réseau et conception, dans un fichier déposé sur le poste de travail. Rien n'est écrit en base : une note de dimensionnement est un document d'affaire, elle a sa place dans le dossier.
- Ouvrir un projet — recharge un fichier produit par le bouton précédent.
- Exporter la note (CSV) — les hypothèses, le tableau des tronçons et le tableau des parcours, au format qu'un tableur français ouvre sans poser de question. Le bouton demande qu'un calcul ait été lancé : « Lancez d'abord un calcul. »
Références documentaires : NF DTU 61.1, NF EN 1775, NF EN 1555-2, NF EN 10255, EN 10220, NF EN 10208-1.